Journal de bord des dîners
conférences de l'AAMMLR
Le 24 janvier
2011
Lundi 4 octobre 2010, en présence de Mme
Allier, fille de l'amiral Meyer, et devant 150 Amis, MM. Kalbach et
Lebleu, remarquables conférenciers, nous ont fait revivre
l'extraordinaire négociation menée par le commandant Meyer auprès du vice-amiral Schirlitz, qui assurait le commandement de la côte
atlantique et de la place de La Rochelle, afin de sauver la ville de la
destruction. Photos familiales à l'appui, ils montrèrent comment leur
formation de marins et leurs mêmes racines protestantes avaient pu
contribuer favorablement à l'estime réciproque de ces deux ennemis.Le
8 novembre 2010, Monsieur Y. Bouvard a parlé des canaux de Suez et
de Panama et des routes maritimes. Il a rappelé l'histoire et les
caractéristiques des canaux et montré leur rôle dans le développement
de routes maritimes parmi les plus importantes. Puis il a évoqué les
qualités que doit avoir une route maritime : sûreté et rentabilité.
Aujourd'hui apparaissent des alternatives aux routes traditionnelles,
d'autant plus que les deux canaux interocéaniques ne peuvent plus
accueillir des navires de plus en plus gros. Ce sont la route du Cap,
les routes de l'Arctique et aussi les routes terrestres qui traversent
l'Amérique du Nord et l'Amérique centrale. Pour faire face à ces
concurrences, les autorités du canal de Panama ont mis en oeuvre
l'agrandissement de son gabarit.
Vendredi 11 juin : Conférence de Marcel Le
Roux sur Primauguet.
Cet après-midi à 15 heures, 54 Amis se sont retrouvés dans l'auditorium
pour écouter Marcel Le Roux nous parler de Primauguet. Une exposition
de livres avait été préparée par les bénévoles de la bibliothèque nous
présentant quelques beaux livres sur la navigation au temps de
Primauguet.
Primauguet s'appelait en fait Hervé de Porzmoguer ; il est né en
Bretagne à Plouarzel vers 1470. Sa famille possédait un manoir dont il
reste encore quelques pierres. Il apprit à naviguer dans le chenal du
Four où il acquit ses galons de capitaine. A cet endroit, le seul
repère pour les marins était la Tour de l'Abbaye Saint Matthieu, une
Tour à feu. Il escorta de nombreux convois sur la façade atlantique ;
on parlait de «Porzmoguer et sa bande» et son importance comme chef de
guerre était bien établie. On pilla et brûla son manoir pendant l'une
de ses absences... acte de vengeance ? Il partit alors vivre à Morlaix.
En 1490, Anne de Bretagne épousa Charles VIII, puis Louis XII au décès du premier. Le Duché de Bretagne a gardé une certaine indépendance et Anne fit construire une carraque La Cordelière. Elle rencontra Porzmoguer et lui confia le commandement de La Cordelière basée à Brest. Porzmoguer accueillit ce projet avec enthousiasme, son manoir avait été détruit par les anglais... Henry VIII, roi d'Angleterre, se préparait à attaquer la flotte française en Bretagne avec deux douzaines de carraques, beaucoup plus que n'en possédaient les français. L'amiral Howard quitta l'Angleterre le 9 août 1512. Pendant ce temps Porzmoguer avait invité des amis à bord de La Cordelière et c'était la fête.
Au matin du 10 août, ordre d'appareillage à tous les navires, les invités n'eurent pas le temps de descendre à terre. Très vite la flotte franco-bretonne dut se résoudre à faire machine arrière : les anglais étient beaucoup plus puissants. Mais La Cordelière resta en arrière, elle fut attaquée par plusieurs navires anglais. Porzmoguer réussit à mettre en péril la Mary-James et le Sovereign, mais le Regent resta là malgré la riposte furieuse du capitaine français. Les deux navires étaient accrochés bord à bord, une bataille terrible, une lutte corps à corps sur le pont de La Cordelière... Porzmoguer vit l'issue fatale du combat ; il descendit à la réserve de poudre, y mit le feu, entraînant l'explosion de La Cordelière mais aussi du Regent, protégeant ainsi le reste de la flotte française. Porzmoguer mourut à 42 ans, en héros ; aussitôt Germain Brice composa un cénotaphe qui fit pleurer la duchesse de Bretagne bouleversée par la disparition tragique de La Cordelière et de son capitaine. Une stèle de granit a été érigée à la Pointe de Plouarzel, mais la plaque relatant le nom du héros a disparu.
Aucune épave n'a été retrouvée et faute de financement, le groupe de recherche a abandonné ses travaux.
Un buste de Porzmoguer , dit
Primauguet, se trouve à bord de la frégate Primauguet, mais bien
qu'adoptée par la marine, cette sculpture est le fruit de l'imagination
!
Elisabeth COMBES
Le partage de l'eau douce l'été en Charente
Maritime par Marc Commenge, 24 avril 2010
L'eau douce est à travers le monde une source de conflits. Pourtant les
solutions techniques sont connues. Partager l'eau douce est une
nécessite vitale que l'on résout d'autant mieux qu'on accepte de
respecter le point de vue des uns et des autres. « Aucun aménageur n'a
jamais raison tout seul » nous dit M. Marc Commenge, ancien directeur
de l'Union des marais de Charente Maritime. Notre département est un
cas intéressant car l'été, il est confronté à une pénurie d'eau douce.
Les solutions sont à inventer en respectant l'agriculture,
l'ostréiculture, la chasse, la protection de la nature et le tourisme...
C'est au plus sec de l'année que la
demande est la plus forte : les estivants bien sûr, mais aussi le
plancton des naissains d'huitres, la survie des bovins, l'irrigation
des terres cultivées. Or 70% des longs étés sont secs, les petits cours
d'eau ont un débit nul et la Charente tombe à 5 m3/seconde ! Les
réserves d'eau douce sont nécessaires. Elles ne peuvent pas être faites
dans les zones karstiques perméables, reste le marais aux argiles
étanches. La platitude de notre pays permet de redistribuer l'eau où on
en a besoin. Mais pour cela il faut s'entendre ! La réserve de 150 Ha
de Breuil Magné est un exemple encourageant d'harmonie entre les
différents intérêts. Mais ailleurs les recours devant les tribunaux se
multiplient. Les délais s'allongent. Mais M. Commenge reste optimiste :
à terme la régulation de la ressource en eau par des réserves est
incontournable.
Richard Lick
Le lundi 1er mars, M. Jean-Paul Léger vient
nous parler de son métier - officier radio de la marine marchande
- "métier qui n'aura duré qu'un siècle". Pour y accéder : une première
formation d'opérateur radio sanctionnée par un certificat, une seconde,
d'officier radio, sanctionnée par un diplôme et des brevets.
Historiquement, le naufrage du Titanic, en 1912, fait connaître très
largement le rôle de l'officier radio. Les deux radios du bord, Jack
Philips et Harold Bride - le premier disparut dans le naufrage - ont
émis jusqu'au bout leur message de détresse, le maintenant célèbre SOS.
Malheureusement, le radio du bateau le plus proche était parti se
coucher. L'inconvénient de la présence d'un seul opérateur radio par
navire, avec l'arrêt de réception des messages pendant son sommeil, est
apparu et a provoqué la décision d'embarquer deux radios, jusqu'à la
mise en place de l'auto-alarme du récepteur.
En dehors des communications radio avec les autres navires, les ports de destination, les familles des marins, du diagnostic à distance avec l'hôpital de Toulouse, le travail de l'officier radio comprend l'entretien et le dépannage de la radio, du radar, du sonar, le relevé goniométrique, voire la gestion de la bibliothèque, du cinéma de bord, ou de l'infirmerie.
Ce métier a conduit M. Léger à naviguer
- dans l'Atlantique : cabotage sur les côtes américaines et mexicaines, minéralier vers l'URSS,
- en Méditerrannée : cabotage sur un pinardier, en Crête, en Algérie,
- dans le Pacifique sud : Papouasie-Nouvelle Guinée, Tasmanie,
- dans l'Océan indien : côte africaine, Madagascar, Réunion,
- dans l'Antarctique sur un navire assurant le ravitaillement des Français et des Australiens de l'expédition Paul-Emile Victor,
et enfin sur des navires océanographiques : le Capricorne, sur les côtes d'Afrique, pour déterminer les réserves de poissons par écholocation, et le Coriolis, de l'ORSOM, dans le Pacifique, à la recherche de nodules polymétalliques et pour l'étude des fonds.
M. Léger nous précise avec humour que les escales n'ont rien à voir avec le tourisme !
En conclusion, une vie passionnante
racontée par un homme passionné.
Betty Gourdon
Dîner conférence du 7 décembre 2009
Monsieur Jacques Depin, Président d'honneur de l'Université du Temps
Libre , a exposé la tragédie des cuirassés allemands lors de la
Seconde Guerre Mondiale : Erreurs d'utilisation de ces navires et
les incohérences d'Hitler, qui avait donné l'ordre de ne pas engager le
combat avec les navires de force égale ou supérieure, pour se consacrer
à la destruction des convois de ravitaillement à destination de
l'Angleterre et de la Russie. L'amiral Lutjens commit des erreurs
tactiques fondamentales ; sous estimation des besoins en carburant du
Bismarck ; Puis, pour rejoindre la mer du Nord, l'escadre (Bismarck,
Prinz Eugen et deux destroyers) emprunta les détroits en plein jour, où
les navires furent repérés, permettant aux Britanniques la destruction
de l'escadre Allemande.
Bernard Menard
Dîner conférence du lundi 5 octobre 2009
120 Amis ont suivi avec beaucoup d'intérêt l'excellente conférence de
Mickaël AUGERON, maître de conférence à l'Université de La Rochelle,
sur les pirates et corsaires huguenots à La Rochelle au XVIe siècle.
A partir de la seconde moitié du XVIe
siècle, les actes de piraterie par les huguenots, en particulier en
provenance de La Rochelle se multiplient. Il s'agit au départ de
piraterie d'opportunité. Il était en effet tentant, lorsque l'on
pratiquait la grande pêche à Terre Neuve ou que l'on naviguait près des
côtes de Floride, des Antilles, du Brésil ou de l'Afrique,
d'arraisonner des navires emplis d'or ou de marchandises. D'autant
qu'il s'agissait de navires de la très catholique Espagne. Les pirates
ont enregistré des succès spectaculaires tels les prises de Santiago de
Cuba au Panama ou La Havane à Cuba, qui obligèrent l'Espagne à
renforcer ses colonies et à protéger ses bateaux. Avec les guerres de
religion en France, le conflit prend une autre dimension. L'Amiral de
Coligny et Henri de Navarre décident d'accorder le statut de corsaires
aux pirates qui le souhaitent. Ils sont rejoints par des équipages
anglais et hollandais qui veulent profiter de ce nouveau statut pour
attaquer les flottes catholiques. Entre les années 1550 et le siège de
La Rochelle en 1628, La Rochelle aura été une menace pour l'Europe
catholique.
Bob Nicolas
Dîner conférence du lundi 2 mars 2009
Quelle soirée étonnante que celle de ce lundi 2 mars 2009 réunissant
les Amis du Musée Maritime pour son traditionnel rendez-vous mensuel,
où il s'en est fallu de peu que notre dîner conférence soit sans
conférence : l'orateur ayant oublié simplement son rendez-vous !!!
Mais grâce à l'à-propos de nos dévoués organisateurs tout rentrera vite dans « l'ordre » avec l'inversion du programme.
Ce fut donc en dessert qu'avec maestria et sans aucune note, Monsieur Dominique Droin nous régala avec la vie ô combien mouvementée de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais. Étonnante aussi la biographie de ce dernier : tout à la fois écrivain, horloger, inventeur, musicien, politicien, espion, vendeur d'armes, armateur etc.
L'accent fut mis sur ses rapports avec la ville de Rochefort où il acheta le vieux vaisseau « l'Hippopotame » qu'il renommera le « Fier-Rodrigue ».
Je ne vous en relaterais pas plus
(n'en n'ayant ni le talent, ni la compétence) mais vous renvoie vers le
livre de notre conférencier « La Rochelle-Rochefort & Beaumarchais
» qu'il nous a proposé avec dédicace en fin de séance.
Un grand merci à tous pour ce grand moment de convivialité et de
culture.
Dîner conférence du lundi 26 janvier 2009
Merci à François-Xavier Pelletier, ethnologue et réalisateur et à
Catherine Lacroix, son épouse, productrice, pour leur film « Cueilleurs
de vie ».
Ils ont présenté, à la centaine d'Amis présents ce soir-là, leur combat
pour la défense d'une culture ancestrale « la pêche du mulet avec
l'aide des botos (ou dauphins)»Ce film est l'aboutissement d'une
histoire d'amour retraçant le quotidien entre une communauté de
pêcheurs d'origine açorienne, sur la côte sud du Brésil, dans l'état de
Santa Katerina, et «les botos«.
Il nous décrit le travail long et difficile du dauphin qui, par ses sauts, ses contorsions, ses battement de queue, ses approches particulières, conduit le mulet dans l'épervier (filet) du pêcheur.
Tous les pêcheurs connaissent chaque dauphin par leur nom : Borranichina, Tafarel, Escubi... entre autres.
Pour se nourrir, les dauphins n'ont pas besoin de l'homme, mais les pêcheurs ont besoin des dauphins pour vivre. A la moindre erreur du pêcheur (lancer du filet non conforme, comportement différent...) le dauphin boude, il ne travaille plus.
Mais cette pêche, dans la lagune, devient de plus en plus difficile face à l'industrialisation, c'est la lutte inégale entre les chalutiers (120 tonnes/an) et l'artisan avec son épervier (quelques poissons par jour).
La pollution dans le lagon devient de plus en plus envahissante et cause, à court terme, la mort des dauphins.
L'espoir est toujours là, dans le
coeur de François-Xavier PELLETIER, qui noue, avec son épouse, une
relation harmonieuse avec la nature afin d'éclairer le quotidien de ces
personnages exemplaires.
Rose-Marie Menou