La  premiere  femme  autour  du  monde
JEANNE BARET

Sur les quais de Rochefort, un froid matin d’hiver,
La si-lhou-ette frêle d’un jeune homme esseulé,
Décidé à partir, à affronter les mers,
Alors sitôt signé est de suite enrôlé.
La brume matinale noyant les œuvres vives,
Le pont et le gréement d’un navire en partance.
Sur ‘’L’Etoile’’ tout est prêt, on s’affaire, on s’active.
Puis mettant cap au Sud, on s’éloigne de France.

Monsieur de Bougainville commande les bâtiments,
Cinglant vers le Brésil et les Iles Malouines.
Vents, tempêtes, ouragans, Détroit de Magellan,
Enfin le Pacifique, ces terres qu’on imagine.
A bord le matelot, courageux, compétent,
Fidèle serviteur, d’une nature gentille,
Serré dans son habit, pas un cheveu au vent.
Car le jeune marin n’est autre qu’une fille.

Malgré quelques rumeurs, on ne peut rien prouver,
Et jusqu’à Tahiti tout se passa au mieux.
Sur l’île enchanteresse, un jeune homme avisé,
Il reconnaît la femme, il en tombe amoureux.
Toute en pleurs elle avoue n’être qu’une orpheline,
Et faire le tour du monde, elle en avait rêvé.
A bord on est gêné quant à la discipline,
Mais en veillant sur elle on la garde embarquée.

A nouveau d’îles en îles continue le voyage,
Traitée différemment, maintenant plus jolie,
Débarquée sur nos terres, cela paraît plus sage,
Y rencontre l’amour puis rentre au pays.
Faire le tour de la terre, est un rêve splendide.
Sur la mer les marins, la nuit sous les étoiles,
Se souviendront peut-être de ces femmes intrépides,
Qui, depuis Jeanne Baret, ont su larguer les voiles.

Jacques Bideau

Conférence du 4 février 2008