Le SHTANDART n'ira pas à Bordeaux...

Nous avons reçu un message de l'Association des Amis des Grands Voiliers que nous partageons.

"On y a cru jusqu’au bout, et pourtant, malgré l’autorisation de son accueil en escale en France obtenue du gouvernement français avec l’action conjuguée des Amis des Grands Voiliers et du Port de La Rochelle, après celle du gouvernement espagnol, le Shtandart ne sera pas reçu à Bordeaux pour Bordeaux fête le vin."

"En effet l’association bordelaise Ukraine Amitié s’est montrée hostile à l’arrivée de la frégate à Bordeaux. La raison nous échappe totalement car, outre le fait que le voilier n’entre dans aucune des catégories visées par les interdictions européennes, il y a de multiples raisons pour l’accueillir avec les honneurs.

L’association Rochelaise « Aidons l’Ukraine 17 » est d’ailleurs venue saluer le capitaine Vladimir Martus et lui témoigner son amitié, sa sympathie et sa reconnaissance des actions menées en faveur de l’Ukraine.

Les arguments semblent bien fragiles et peu recevables. On parle d’opposition au fait de recevoir la réplique d’un "navire de guerre" (il en va pourtant de même pour l’Hermione) construit par le tsar Pierre le Grand (idole du maître du Kremlin) terrible chef de guerre qui soit dit en passant sortit son peuple du moyen-âge et de la misère. En France on continue de vivre sous de nombreuses lois promulguées par Napoléon, qui fut sans doute un conquérant encore plus actif que Pierre le Grand, et que l’on continue d’admirer.

Vladimir Martus, né d’un père Ukrainien et d’une mère Russe, est un dissident qui a quitté la Russie en 2009 et n’y est jamais retourné avec le voilier. Quand la guerre en Ukraine a éclaté, il a immédiatement pris position contre l’agresseur, qualifiant l’autre Vladimir de tyran. Les marins ukrainiens qui étaient à bord ont quitté le navire non parce qu’il battait pavillon russe, mais pour aller se battre avec leurs compatriotes.

A Port de Bouc, où le navire a été parfaitement bien accueilli, la jeune chanteuse ukrainienne Ekaterina Gopenko qui était à bord depuis le mois de janvier a donné un concert dont les bénéfices ont été reversés entièrement à une association ukrainienne. Toujours à Port de Bouc il a embarqué une jeune réfugiée ukrainienne, Ulyana, qui ne savait plus où aller. Elle est toujours à bord aujourd’hui.

Les marins du bord ont fait des dons pour faire parvenir de l’aide d’urgence en Ukraine, et c’est l’officier de liaison (terme désignant les bénévoles qui comme à l’Armada de Rouen font le lien entre les navires et les services à terre) Ludovic Pacciarella qui a convoyé la marchandise.

En fait, le tort du Shtandart aujourd’hui c’est de battre pavillon russe. Et lorsqu’on lui demande pourquoi il ne change pas de port d’attache, Vladimir explique que la Russie c’est son pays natal, que tous les Russes ne sont pas Poutine, qu’il y a de la famille et qu’il espère qu’un jour son pays redeviendra une nation normale. Lors de la seconde guerre mondiale, les Français qui avaient rejoint Londres et ceux qui étaient entrés en Résistance n’avaient pas renié le drapeau tricolore malgré la collaboration du gouvernement avec l’ennemi.

Nous espérons que dans les autres ports de France avec lesquels nous travaillons pour faire venir le Shtandart, les associations locales soutenant l’Ukraine s’inspireront davantage de l’attitude de l’association rochelaise plutôt que bordelaise.

 

Dimanche 19 juin à 16h10, l’émission Thalassa a présenté

une excellente enquête à bord du Shtandart.

A revoir ICI jusqu'au 26 juin, début du reportage à 33'30.