Golden Globe 2022


Un marin, un bateau face aux grands océans du monde

La Golden Globe Race 2022 sera un nouvel hommage à la première édition, à l’exploit de son héros français Bernard Moitessier et à son bateau le Joshua.

Don McIntyre, fondateur et président de la course – À propos de la Golden Globe Race 2018 :

« J’ai découvert pour la première fois la course autour du monde en solitaire du BOC Challenge en 1982, lors de l’escale de Sydney, en travaillant sur les éoliennes utilisées par les concurrents. J’ai passé du temps avec eux. Nous avons ri ensemble et j’ai écouté leurs histoires. J’ai rencontré l’idole de ma jeunesse, Robin Knox-Johnston et j’ai été « mordu ». J’ai décidé de participer à la course de 1986, mais ayant manqué de temps, avec un bateau partiellement fini de construire, j’ai donc dû me contenter du rôle de Président de course du BOC de Sydney cette année là. Concourir au BOC challenge de 1990-91 a été l’un des moments forts de ma vie. A la réflexion, je me suis toujours considéré comme chanceux, car c’était à mon avis, la dernière des courses «Aventure». Par la suite, chaque course a été de plus en plus orientée vers la performance, courue par des sportifs de haut niveau sur des voiliers toujours plus extrêmes, axée sur la victoire à tout prix. Rien de mal à cela, en fait, car tout ceci était et est encore incroyablement excitant, mais c’etait tout simplement beaucoup plus une aventure en 1990. Mon rêve de naviguer en solitaire autour du monde est né en suivant les voyages en solo de Francis Chichester, Robin Knox-Johnston et Bernard Moitessier, et en lisant Chay Blyth, Blondie Hasler et d’autres de l’âge d’or de la navigation en solitaire. C’était une époque passionnante ! En 2008, j’ai assisté au discours de Sir Robin Knox Johnston à l’occasion du 40ème anniversaire de son record du tour du monde sans escale, en 1968. En ce qui concerne les équipements modernes, les systèmes de satellites de haute technologie et les ordinateurs qui accompagnent les marins en solitaire aujourd’hui, il a simplement dit (par comparaison à sa propre expérience à l’époque) «Cela retire tout le piment de la course ! ». Assurément, la GGR 2018 souhaite remettre du piment dans la course à un niveau mondial, et offrir un défi unique et exigeant pour tout navigateur qui voudrait s’y engager. La même année, on a demandé à Robin : «Que diriez-vous aux marins qui songent à faire le tour du monde ?» Sa réponse : «Mon conseil serait tout simplement celui-là. Si vous en avez l’idée, et que vous voulez le faire, alors faites le. Ne laissez RIEN se mettre en travers de votre chemin. Beaucoup trop de gens restent là, dans des clubs de voile à en parler, mais sans jamais le faire. FAITES LE ! Vous ne le regretterez jamais. Il a bien sûr raison. Je suis moi-même impatient de revenir en arrière et de refaire un tour du monde, « à l’ancienne », avec un peu de « piment », en participant à la Golden Globe Race 2022 . Au fil des années, j’ai encouragé personnellement de nombreux jeunes navigateurs en solitaire, hommes et femmes, à réaliser leurs rêves. J’espère que cet événement le permettra encore à d’autres, et peut-être à vous aussi de réaliser le vôtre! Je suis impatient de vous retrouver au départ. »


GGR 2018

35 navigateurs, 30 000 miles non-stop, en solitaire, sans assistance.

Pour célébrer le premier tour du monde historique en solitaire et sans escale de Sir Robin Knox-Johnston, lors de la course du Golden Globe du Sunday Times en 1968/69, une nouvelle course du Golden Globe a été organisée pour marquer le 50e anniversaire de cette épopée, le 14 juin 2018.  Comme l’édition originale du Sunday Times, la course du Golden Globe 2018 était très simple. Un départ des Sables-d’Olonne le 1er Juillet 2018, pour réaliser un tour du monde à la voile en solitaire, sans escale, via les cinq grands caps et un retour jusqu’aux Sables d’Olonne. Les participants étaient limités à naviguer sur des voiliers similaires à celui utilisé par Sir Robin lors de cette première course. Cela signifie qu’ils devaient naviguer avec les équipements de l’époque, sans technologie moderne, ni bénéficier d’aides à la navigation par satellite. Les concurrents devaient naviguer sur des bateaux de 32 à 36 pieds (9,75 – 10,97 m) conçus avant 1988, à quille longue avec un gouvernail attaché. Ces voiliers étaient de construction robuste et solide, et de conception semblable au bateau de 32 pieds de Sir Robin, le Suhaili. A l’inverse du monde actuel professionnel de la compétition nautique de haut niveau, cette édition nous fait remonter vers une époque connue comme « l’âge d’or » de la voile en solitaire. Suhaili est un robuste voilier de 32 pieds, un double ketch de conception William Atkins ERIC. De construction solide, en teck, il n’était pas équipé d’ordinateurs, de GPS, de téléphone satellite, ni de dessalinisateur. Robin a répondu au défi sans aide extérieure, ni prévisions météorologiques du monde moderne. Il avait seulement un chronomètre de marine et un barographe pour faire face au monde, seul, et récupérer l’eau de pluie pour survivre. Mais il était celui qui ne faisait qu’un avec l’Océan, capable de contempler et d’absorber tout ce que ce voyage épique avait à offrir.

Cette édition 2018 de la Golden Globe Race célébrait l’anniversaire de l’événement original, en l’honneur du vainqueur, de son bateau et de ce premier exploit mondial. Une fois de plus, les concurrents de l’édition 2022 navigueront sur de simples bateaux en utilisant un équipement basique pour garantir une véritable expérience personnelle. Le défi est pur et très brut, plaçant l’Aventure au premier plan, bien avant l’objectif de « gagner à tout prix ». C’est une course pour «ceux qui osent», comme ce fût le cas pour Sir Robin. Ils navigueront au sextant avec des cartes en papier. Sans instruments électroniques ni pilotes automatiques, ils devront déterminer leurs prévisions météo et tenir leur journal de bord, écrit à la main. De temps en temps seulement, ils pourront parler à leurs proches et au monde extérieur s’ils captent les réseaux de longues ondes. De nos jours, il est possible de courir sur un monocoque en solitaire autour du monde en moins de 80 jours, mais les navigateurs engagés dans cette course passeront environ 250 jours en mer sur de petits voiliers, à se défier les uns les autres.

La Golden Globe Race 2018 a débuté le 1er juillet 2018 au départ des Sables-d'Olonne, en France. Le vainqueur est Jean-Luc Van Den Heede, arrivé le 29 janvier 2019, avec un parcours effectué en 211 jours, 23 heures, 12 minutes, 19 secondes1,2. 

La course s’est déroulée cinquante ans après le Golden Globe Challenge, première course en solitaire autour du monde et qui peut ainsi être considérée comme l'ancêtre du Vendée Globe.

Les Amis du Musée Maritime ont été présents les 15 jours qui ont précédé le départ avec Joshua qui a embarqué une centaine de personnes.

Joshua et Suhaili ont accompagné les concurrents sur la ligne de départ.


Historique de la GGR

En août 1966, le navigateur britannique Francis Chichester partit de l’Angleterre pour naviguer en solitaire autour du monde jusqu’en Australie, aller-retour, via les cinq grands caps à bord de son 16 mètres Gipsy Moth IV,dans un défi pour battre le record de Clipper. Il a accompli le tour en 226 jours (274 jours en incluant l’escale à Sydney) pour établir le record du voyage le plus rapide autour du monde à bord d’un petit bateau.

Aventurier accompli et excellent navigateur, Chichester a attiré l’attention générale grâce à la couverture exclusive par le journal du Sunday Times. En revenant triomphant le 28 mai 1967, il a été nommé chevalier par la Reine Elizabeth II, et est devenu non seulement un héros britannique mais une inspiration pour beaucoup, qui vogueront dans son sillage. Il ne restait plus qu’un seul défi à relever: naviguer en solitaire sans escale autour du monde, et certains navigateurs commencèrent à planifier ce projet.

 

 La course du Golden Globe Sunday Times de 1968 fut la première course à la voile autour du monde. C’était une aventure d’imaginer qui pourrait être le premier à faire le tour du monde en solitaire, sans escale, sans assistance. Neuf marins ont pris le départ, un seul a fini. Ce fût une épopée remportée par le moins attendu, Sir Robin Knox Johnston, à bord de son ketch en bois de 32 pieds, le SUHAILI. Il établit un nouveau record du monde l’année où les premières empreintes furent laissées à la surface de la lune.

Le Golden Globe Challenge, première course en solitaire autour du monde et qui peut ainsi être considérée comme l'ancêtre du Vendée Globe – la toute première tentative de naviguer seul sans escale autour du globe. Il n’y avait pas de frais d’inscription, pratiquement aucune règle ni exigence de qualification car la plupart de ceux qui s’engagèrent, étaient déjà bien avancés dans leur projet pour tenter ce défi quoiqu’il en soit. En offrant un trophée au premier homme à réussir à naviguer en solitaire sans escale autour du globe via les cinq grands caps, et un autre prix de 5000 livres britanniques pour celui qui réaliserait le meilleur temps, le journal a créé une course unique et une incroyable histoire à raconter pour augmenter la communication. Neuf personnages hauts en couleur, aux talents nautiques variées, ont pris le départ de diverses endroits, avec une étrange collection de voiliers. Il n’y a eu qu’un seul finaliste : Robin Knox-Johnston et son gréement traditionnel, ketch à trois mâts, le Suhaili, qui au départ, était considéré comme le bateau le plus improbable et n’ayant aucune chance. Le reste de la flotte a coulé, ou bien a pris sa retraite, ou s’est suicidé. Le français Bernard Moitessier a continué à naviguer dans son solide voilier, le JOSHUA, faisant le tour du Cap Horn, puis a poursuivi son voyage pour un second circuit sur l’Océan Austral qui s’est terminé à Tahiti pour «sauver mon âme» dit il, plutôt que de revenir à la civilisation; Vainqueur probable et d’une renommée certaine. Donald Crowhurst a fait un "voyage imaginaire" autour du monde, tout en naviguant, en réalité en cercle dans l’Océan Atlantique. Il a simplement transmis de faux rapports de position dans l’espoir de tromper le monde. Finalement, cette déception lui a joué un tour et il a perdu l’esprit, tout étant décrit avec beaucoup de détails dans son journal de bord, jusqu’à ce qu’il se laisse finalement glisser par dessus bord, dans un suicide apparent. Son trimaran fût retrouvé à la dérive, abandonné. La course Golden Globe du Sunday Times est rapidement devenue une légende pour les marins comme pour les non-marins, avec son triomphe, et ses tragédies et son épopée humaine face à l’inconnu.